Coups de Griffes de Théo

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LA JUSTICE MASQUEE

Plus jeune, j’aimais regarder des films de Ninja. Ces mercenaires masqués avec pour certains de supers pouvoirs. L’épilogue était souvent la découverte du visage du lanceur d’étoiles, qui s’avérait parfois être un proche. Le masque était au centre de l’intrigue.

Le 06 mars 2020, le Cameroun enregistrait officiellement son premier cas de COVID-19. Le Coronavirus ? Tout le monde ou presque sait ce que c’est. Enfin…croit savoir, puisque ceux même qui sont supposés être des spécialistes s’affrontent sur des théories et contre théories, sur son origine, son mode de transmission, etc…

Ce que le profane de la chose scientifico-médicale que je suis a retenu en revanche, c’est que deux choses constantes sont à considérer. Le virus crée une grippe particulière, qui peut mener à des difficultés respiratoires aigües, et même la mort. L’autre chose à retenir est sa transmissibilité extrêmement rapide et le fait que le virus mute. Mais plus que les aspects scientifiques décrits avec des mots d’inexpert, ce sont les conséquences sur la vie des camerounais qui sont encore plus intéressantes à observer.

Rendus à 553 cas positifs en moins de 30 jours, même les plus sceptiques du début commencent à trouver qu’il est important de prendre des précautions. Les « tcha moi l’os » et autres « mets cinq ici »ont quasiment disparu. Les industries de fabrication de masques naissent de rien. Mais surtout, les administrations, les commerces et autres cliniques commencent à imposer le port systématique du masque. Bientôt il sera compliqué de reconnaitre un proche dans la rue.

Plus important à mon avis, est que ce « nouveau » virus a de bon côtés, je veux dire, de très bon côtés en dehors des règles d’hygiène plus largement encore répandues et imposées. Le bon côté du virus est le retour à l’égalité de tous. Il est juste que tous soyons au même niveau.

Même niveau de vulnérabilité, même niveau de souffrances, même niveau de soins. Commissaire de police, Bayam-sellam, ministre de la République, pousseur du marché central, nous sommes tous logés à la même enseigne. Les évacuations de ministres pour une douleur au doigt, c’est terminé…pour l’instant. Les frontières sont fermées, nous partagerons donc tous les hôpitaux de « référence » et attesterons du niveau de notre plateau technique. En dehors de toute considération, cela est juste.

La pandémie nous a également permis de (re)découvrir que l’appartenance à un parti politique ou à un système de gouvernance réputé amorphe ne signifie pas que les moutons du même pâturage ont le même prix. Quand les camerounais veulent insulter le père d’Etoudi, ils font seulement allusion à son ministre dont le nom ressemble à celui d’une marque de transfert d’argent, et à tous ceux qui comme lui ont des titres ronflants et des bilans désastreux.

Désormais, il faudra aussi reconnaître et dire tout haut que le ministre de la santé qui abat un travail de titan et qui est apprécié de tout le monde sauf de politiciens d’extrême mauvaise foi, il faudra reconnaître que ce ministre-là est un casting et un choix du Nnom Ngui. Il faudra se souvenir des directeurs des institutions sanitaires et du personnel, nommés directement ou indirectement par le grand père.

Il faudra dire que le gouverneur du Littoral, qui se bat jour et nuit avec des compatriotes dont l’incivisme est proche d’actes criminels, est un casting et un choix du Nkunkuma. Oui, ses choix sont souvent mauvais. Mais le COVID-19 nous montre qu’ils ne le sont pas toujours. Mais aussi que la responsabilité sectorielle, individuelle, peut se démarquer d’une indolence générale qui est systématiquement attribuée au président.

Lui-même totalement silencieux (sans doute en confinement pour montrer l’exemple), disparu des radars, lui qui a fait du silence un mode de gouvernance, un objet d’étude hautement scientifique ! Les silences de notre Président est le sujet d’une thèse et d’un ouvrage dédicacé en grandes pompes le 11 décembre 2019.

Devant l’histoire, chacun assumera ses responsabilités, y compris ceux qui pensent qu’ils n’en ont pas, ou plus.

Bonne semaine et bon confinement…pour ceux qui peuvent se le permettre.

IF NOT US, WHO?

I had a bad experience few days ago. An experience which tested my limits. I actually felt like giving up and respond to that siren. The siren of discouragement.

I stayed unattended for more than thirty minutes at the emergency unit of a category ‘‘A’’ hospital. You would say in our Cameroonian context, that’s no big deal. People suffer more negligence every day. I do agree.

However, I must admit that during those minutes of suffering, for the very first time as an adult, I seriously thought of emigration. I could not just understand how, in my own country, not lacking means for a proper treatment, I could die like a fowl, lying on metallic chairs. I was finally taken care of. In the midst of negligence and incompetence, survive very professional individuals.

Like I said, I thought of carrying my family away. And I had a second thought. I thought of all those who could think like me, those who, for genuine reasons, could have had the idea of leaving.

I remember a famous opposition analyst during the last presidential election, responding to a cacique of the present regime who was proudly saying that living in Cameroon is a marvelous experience, that if embassies present in our country decide to offer visas to all Cameroonians, the country will disastrously be emptied. Let’s be honest. He is not far from the truth.

But actually, if we all go away, and definitely turn our backs on our motherland, our lone common house, who will stay. Who will transform the land into an enjoyable place? Unto whom lies that responsibility, if not us?

By us, I mean those who are old enough to have watched live Roger Milla’s world cup goals, and young enough to be able to use Telegram. We cannot just be observers, consumers and quitters (OCQ).

Paradoxically, we the OCQs, are the ones having a great part into the battles organized by those who have nothing more to offer. Instead of reflecting on us, our future and well-being, we jump into the first political concept and fight. Am I saying youth should not involve themselves in politics? No. I am saying our main target should be acquiring Technology, master Trade, and develop our Economy at the micro level (TTE).

Once we are TTE focused, we have a chance of surviving, more, we have the opportunity to transform our direct environment, and the country.

Should people not travel? Migrations are part of our story. There are no people without migrations. But as it stands, we cannot afford to move without being TTE focused, with the clear and predefine intention of developing our country. It’s not just money. It’s a state of mind, an attitude, a mode of investment.

If not us, who will develop our country?

MON PAPAYER N’EST PLUS DANS MA COUR

Ceux qui n’étaient pas adeptes de l’école buissonnière ont certainement encore les paroles de ce fameux poème, « récitation » attribuée au poète français Jean Aicard. Il y a des années que je ne l’avais plus entendue moi-même, jusqu’à ce qu’elle me revienne brusquement à l’esprit, il y a quelques jours. (suite…)

LE MACABO NE TUE PAS

Le macabo, de son nom scientifique Xanthosoma sagittifolium (je n’arrive pas à prononcer moi-même) est une plante tropicale dont les feuilles sont en forme d’oreilles d’éléphant, originaire de l’Ambazonie euh… pardon, de l’Amazonie. Accompagné d’un bon mbongo’o (sauce noire et épicée en pays bassa au Cameroun) ou d’une sauce aux arachides, ce tubercule est excellent lorsqu’il est bien cuit. Mais si vous tentez de mordre dedans et de l’avaler cru…

C’est sans doute la perspective d’une ingestion crue de ce tubercule qui a installé l’expression « avoir le macabo » dans le langage courant au Cameroun. En effet en français camerounais, « avoir le macabo » se dit lorsque, pour une quelconque raison, un individu est fâché contre un autre, a une dent contre lui, et se promet de lui rendre la monnaie de sa pièce à la première occasion. C’est la verbalisation camerounaise de la rancune. (suite…)

MIRACLE A YAOUNDE

«Quel homme extraordinaire! Quelle onction! Cet homme est le bras droit de son père! Le papa-prophète-docteur-bishop-pasteur-leader CHAMPOU Dieunedortjamais de l’église supérieure ‘’Le Royaume des cieux est ici et nulle part ailleurs’’ vous guérit de toutes vos infirmités! Chez nous, les aveugles voient! Le dieu de papa guérit même les aveugles de naissance!»

Ceux qui vont dire que j’exagère et que ce n’est que de la caricature…ne regardent pas ces chaines de télévision de propagande et de manipulation qui malheureusement noient et enterrent ceux qui s’évertuent à semer de la bonne graine. Mais ça, c’est un autre sujet… (suite…)

JE SUIS MBOUDA

Cela fait exactement une semaine que les évènements du 21 Octobre dernier ont eu lieu. A ceux qui m’ont demandé pourquoi je n’ai rien dit concernant cette catastrophe, je leur réponds que l’abondance nuit. Tout (ou presque) a été dit par rapport aux causes et aux conséquences de cette tragédie. Et puis, je suis camerounais, je fais aussi mon deuil. Je regarde de loin les enquêtes qui sont ouvertes, la cacophonie autour du nombre de morts, les invectives, les appels aux démissions. Je regarde également de loin, les condoléances virtuelles, le trop plein d’émotion suscité par les témoignages qui s’enchainent, sur les réseaux sociaux, à la télévision…Je fais mon deuil, je ne griffe personne. (suite…)

QUELQUES GOUTTES DE SANG, CE N’EST PAS UN DRAME !

Jeudi, 14 Juillet 2016, 6h20. Elle : « Chéé, aujourd’hui c’est le 14 juillet non?» Moi (tout en me demandant rapidement la date d’anniversaire ou encore une promesse que j’aurai oubliée): « Oui ma chérie. Pourquoi?». A ce moment, je fais mine d’être très occupé et un peu nerveux. Ça ne marche pas très bien, surtout que nous riions encore aux éclats quelques secondes avant. «Tu ne trouves pas que serait bien que ce soit férié aujourd’hui?» Jusque-là je ne comprends pas grand-chose, et j’ose lui demander pourquoi, tout étonné. «Mais, la fête nationale de la France, c’est aussi notre fête non?» Plus que les faits historiques ou son amour pour l’ancien (ancien?) colon, elle guette les fériés. Quand tu comprends ça, tu ris et tu bottes en touche : «Tu as raison. Même par extension nous étions aussi à la Bastille, notre sang a coulé!». (suite…)